Roger O'MEYER 1911-1987

« Derrière moi, j’ai une longue carrière d’efforts au cours de laquelle mon ambition, j’allais dire mon orgueil, m’a toujours obligé à me perfectionner, ayant toujours eu soif de mieux savoir et de mieux connaître toutes choses, mais aussi le désir de faire partager aux autres mes connaissances anciennes et nouvelles. »

 

Fils unique, issu d’une famille modeste Roger X. O’Meyer est né le 14 janvier 1911, à Pantin.

Après avoir obtenu son Certificat d’Etudes, il est admis au cours complémentaire.

  • Dès 1924, à l’âge de 13 ans, il débute comme apprenti mécanicien-dentiste chez l’un des derniers dentistes patentés de la place de Paris.
  • En 1929, premier mécanicien chez un dentiste, il reprend ses études secondaires et obtient en1931 son Brevet d’Enseignement Primaire Supérieur. Cette même année, il est admis à l’Ecole Odontologique de Paris à l’âge de 20 ans.
  • De 1931 à 1936, tout en poursuivant son activité de prothésiste et grâce à sa puissance de travail et une capacité de mémoire hors du commun, il fait ses études dentaires et obtient son diplôme de Chirurgien-Dentiste le 8 juillet 1936.

Dès l’obtention de son diplôme, il crée un cabinet.

Après avoir accompli son service militaire et après la déclaration de guerre, il s’installe à Paris à la fin de l’année 1940. Il exerce en pratique générale jusqu’en 1960, tout en consacrant de plus en plus de temps et de place à l’Orthodontie.

  • À partir de 1941, il partage son exercice libéral avec une activité d’enseignant à l’École Odontologique, rue Garancière. Il effectue une vacation dans le département d’Orthodontie du Pr. Pierre Tacail.

Il s’intéresse à la Chirurgie Maxillo-Faciale et aux problèmes orthodontiques. Il devient Aide de Clinique, puis Chef de Clinique dans l’équipe de Madame Tacail en 1946, et Professeur suppléant d’Orthodontie en 1950.

En 1949, il fait le choix de l’exercice exclusif en Orthodontie.

« Après quelques années je décidais de m’orienter résolument vers l’orthodontie, discipline que j’aimais et dont la pratique exclusive semblait un mythe en 1949.

C’est la motivation pour laquelle j’ai sacrifié ma pratique de généraliste et décidé de partir aux Etats Unis d’Amérique pendant deux ans afin d’acquérir ce que je ne trouvais ni en France ni en Europe, la Maîtrise en Orthodontie. »

  • En 1951 il se remet en question et il part aux Etats Unis afin de reprendre une nouvelle formation en Orthodontie. Il franchit le barrage de la langue et réussit de brillantes études à l’Université d’Illinois à Chicago. Il effectue sa scolarité sous la direction d’Allan BRODIE, maître incontesté de l’orthodontie mondiale et a pour enseignants et instructeurs : DOWNS, RENFROE, SUBTELNY …
  • En 1953, il obtient le titre de Master of Sciences in Dentistry Orthodontics avec une thèse originale sur l’évolution des procès alvéolaires.

De retour à Paris, en 1954, il crée à l’École Odontologique le premier service européen d’Orthodontie où l’enseignement des thérapeutiques multibagues et en particulier de la technique « Edgewise » est développé.

À partir des années 60, il devient orthodontiste exclusif et occupe une place de plus en plus importante dans l’enseignement.

Son prosélytisme n’a de cesse, tant au sein de l’université qu’à la tribune des principales sociétés savantes européennes, que l’on reconnaisse la valeur de la thérapeutique Edgewise qu’il pratique exclusivement à Paris après avoir cessé l’exercice général. Il représente pour l’Europe le père de l’orthodontie moderne.

En mai1964, il préside le congrès de la SFODF à Paris et le rapporteur est J. HALDEN un de ses amis anglais, tweediste de formation sur le thème « Les extractions en ODF. ». C’est une consécration par le succès remporté et les idées orthodontiques vont circuler de plus en plus vite et de plus en plus loin.

Après de nombreux séjours aux États Unis, des contacts avec le Docteur C. STEINER, avec le Docteur Ch. H. TWEED et son École, il crée un cours de formation en orthodontie : l’EPGET (European PostGraduate in Edgewise Therapy).

  • La première session, restée célèbre, a lieu en 1966 à Royaumont.
  • En 1967, en s’appuyant sur ce cours et les premiers participants, il fonde le Collège Européen d’Orthodontie à Tours

Après les évènements de 1968, lors de la création de l’UER d’Odontologie, il obtient le grade de Professeur de premier grade, Chef du Département d’Orthodontie de la Faculté de Chirurgie Dentaire de l’Université Paris 7.

  • En 1971, il devient Docteur en Chirurgie Dentaire.
  • En 1972, il soutient sa thèse de 3ème cycle et devient Docteur en Sciences Odontologiques.

Il participe en même temps à la mise en place d’un enseignement spécifique de l’Orthodontie, en appuyant de toute sa conviction pour la création d’un Diplôme Universitaire d’Orthodontie qui deviendra le CECSMO.

Roger X. O’Meyer a été un bâtisseur. Par son action, il a contribué à voir reconnue l’Orthopédie Dento-Faciale comme une spécialité dans le cadre de l’Odontologie.

  • En 1975, il obtient le titre de Professeur de Grade Exceptionnel et sa retraite universitaire survient en 1976.

Il se consacre alors à son entourage, au CEO, à l’EPGET.

  • En 1980, il crée le Journal de l’Edgewise donnant ainsi ses lettres de noblesse à la philosophie qu’il a défendue avec rigueur et ténacité.

C’est le 21 janvier 1987, alors qu’il participe très activement à l’enseignement du cours de l’EPGET qu’il disparait brutalement.

Il fut un Maître, et les plus anciens d’entre nous s’en souviennent et savent ce qu’ils doivent au « Boss ».

Il a formé et marqué de son empreinte des générations d’orthodontistes.

 

Cette biographie a pu être rédigée grâce aux documents mis à notre disposition par Andrée O’Meyer, Paul Caillard, André J. Horn et Michel Vaugeois. Qu’ils soient ici remerciés.

CHRISTINE BOEHM-HUREZ

Paul BRENDER 1921-1988

Co-fondateur du CEO avec Roger O’MEYER,Paul BRENDER a eu un parcours professionnel tout à fait exceptionnel.

Jeune prothésiste, il entreprend de préparer son baccalauréat le soir et durant les heures de loisirs. Il poursuit ensuite ses études de chirurgien dentiste menant de front, tard dans la soirée parfois la nuit son activité de prothésiste.

Il obtient son diplôme de chirurgien dentiste après la guerre, mais cherchant toujours à se cultiver, il entreprend des études médicales et obtient en 1960 son titre de docteur en médecine.

Il devient rapidement chef de clinique et professeur d’orthodontie à l’école d’odontologie de Paris où il dispensera son savoir et son expérience à de nombreuses générations.

Dans le même temps, il fréquentait avec assiduité le service de stomatologie de l’hôpital Tenon dont la vocation était le traitement des maladies parodontales.

  • En 1957, il crée à Paris un cabinet,où il mène de front avec autant de succès, les grandes reconstitutions prothétiques et les traitements orthodontiques.
  • En 1963, il suit le cours de TWEED et convertit sa pratique à l’edgewise.
  • En 1966, il participe à Royaumont au premier EPGET (European Post Graduate in Edgewise Therapy) organisé par Roger O’MEYER.
  • En 1967 il fonde avec Roger O’ Meyer le CEO et devient le rédacteur du "Bulletin d'Information" qui rend compte de manière sommaire et épisodique, des réunions scientifiques du Collège.
  • En 1970 il fait preuve encore une fois de son esprit novateur en faisant prendre conscience à la profession de l’importance de l’occlusodontie au travers des travaux de Laurtizen alors peu connu en France.

Dans cette optique il crée à Garancière un service pluridisciplinaire dont la vocation était la promotion d’idées nouvelles.

Il est souvent difficile de s’imposer lorsqu’on est novateur ,aussi pour poursuivre ses activités dans un cadre valorisant, il abandonne ses fonctions universitaires à Paris et travaille de nombreuses années à Genève dans le service de Mario Spirgi.

Son activité professionnelle était extrêmement soutenue. Il présente de nombreuses communications.

Instructeur à l’EPGETil en écrit le premier syllabus en français.

Il devient stomatologiste, docteur en sciences odontologiques et il est nommé en 1975 président du CEO.

La fin de sa vie altérée par des soucis de santé répétés,il prend sa retraite en 1985 et il décède le 12 décembre 1988.

Il est président d’honneur du CO.

Biographie largement inspirée de l’article : « In Memoriam » Paul BRENDER 1921-1988.
Ecrit par Michel Vaugeois dans le Journal de l’Edgewise volume 19 de 1989 .